
UNE JOURNEE AVEC FRANCK ET JOËL, CHAUFFEURS LIVREURS

Nous avons passé une journée avec Franck sur les routes sinueuses du Beaujolais et partagé la cabine du poids lourd de Joël dans les rues de Lyon. Deux secteurs bien différents en compagnie de deux hommes attachants qui partagent une même motivation pour satisfaire les clients.
Vaulx-en-Velin, lundi matin 8h00
Il fait frisquet dans l’entrepôt de FRANCE EXPRESS quand apparaît une sorte de tornade bleue vêtue d’un bermuda et d’une chemise FRANCE EXPRESS.
- Bonjour, je suis Franck Padou et je vous attendais. Bon ! montez, j’ai fini le chargement et l’on n’a pas de temps à perdre !
L’homme est direct, la matinée devrait être intéressante. Au fil de la tournée, nous allons vérifier qu’il est aussi sportif et autant intarissable sur son métier que sur le football !
- Mon secteur est vaste et si on perd du temps, on ne pourra pas livrer 27 clients avant midi, et ça c’est impensable !
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La rocade lyonnaise est fort embouteillée.
- C’est toujours comme ça, dira Franck, et c’est bien pire les vendredis ou en périodes de vacances. Imaginez le péage de Villefranche quand les Parisiens débarquent : 4 kilomètres de bouchon avant la barrière !
Franck connaît son secteur par cœur. Il le parcoure deux fois par jour depuis 18 ans.
- Chaque matin, il me faut une demi-heure pour arriver chez mon premier client qui m’attend souvent avec impatience.
À 9h35, nous avons déjà livré quatre destinataires à Saint-Georges-de-Reneins.
- Là c’est rapide car il y a plusieurs clients proches les uns des autres. Ensuite, dans la campagne, c’est plus long et quand on rentrera on aura fait entre 230 et 260 Kms !
À chaque livraison, Franck bondit, Visiotr@cer à la main, pour remettre le colis à son client. Les premières fois, nous avions à peine le temps de descendre du camion qu’il était déjà remonté !
Une fabrique de capsule pour bouteilles plastiques, un grossiste en électricité, un vétérinaire, un laboratoire, les livraisons se succèdent à un rythme olympique. Mais à chaque fois, l’accueil est amical.
Au fil des livraisons, il est étonnant de voir la qualité de contact qui existe entre Franck et le destinataire. Au fond d’une cour à Belleville, un fabricant de scies plaisante avec Franck et lui demande des nouvelles de sa famille, plus loin, en ville, un armurier le taquine sur les résultats de l’Olympique Lyonnais. Plus loin, notre chauffeur complimente la caissière d’une librairie sur sa nouvelle coiffure.
- C’est vrai, je connais tout le monde, beaucoup sont devenus des amis. Ils m’invitent souvent pour des matchs de rugby et j’ai beau leur dire que je n’y connais rien, que mon truc c’est le foot, je viens quand même le dimanche pour leur faire plaisir, plus qu’à ma femme d’ailleurs, dit-il en riant.
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Il me raconte qu’il a failli devenir footballeur professionnel et qu’il a même fait un stage à 15 ans aux Girondins de Bordeaux, terrible pour un lyonnais !
Le cinéma de Belleville est fermé à cette heure matinale, mais Franck sort un trousseau de clefs.
- Je vais récupérer les bobines du film qui passait ici et qui doivent se trouver demain à l’autre bout de la France. Les clients qui sont absents, et qui nous ont signés une décharge, me laissent leurs clefs pour que je livre ou enlève, c’est plus pratique pour eux et moi je gagne du temps, comme ça tout le mode est content.
- Regardez, il y en a un paquet !
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Toutes les livraisons ne sont pas aussi rapides. Un immeuble de bureau, nous livrons un téléphone en échange pour France Télécom. Le temps pour trouver la secrétaire, et pour qu’elle revienne avec le téléphone en panne pour changer la carte SIM !
- Ça fait partie du service et la clientèle des particuliers est de plus en plus nombreuse, particulièrement depuis qu’on livre FedEx et l’on a quelquefois des difficultés à trouver une adresse, ou bien le client n’est pas chez lui, alors on repasse deux fois minimum.
Dans un village, nous devons livrer une commande venant d’internet, au 32 d’une petite rue. Pas de 32 à l’horizon ! Nous interrogeons une passante sans succès.
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Un tour vers les boîtes aux lettres, pas le nom recherché, Franck bondit vers les colis et revient joyeux :
- Y a une erreur sur le bon, c’est le 23 qui est indiqué sur le colis.
La jeune femme du 23 qui nous avait vu passer 3 fois devant chez elle est ravie d’être livrée dans les délais.
- Bien sûr on pourrait dire qu’on va interroger l’expéditeur et revenir demain, mais je préfère perdre un peu de temps et satisfaire mon client.
Tout au long de la journée, Franck va nous montrer à quel point il prend sa mission à cœur et quand il dit qu’il est l’ambassadeur de FRANCE EXPRESS, il est dans le vrai.
Dans une rue, un employé municipal nous adresse un salut joyeux, plus loin, une femme revenant du marché salue Franck de la main, un peu plus loin un homme sortant de sa voiture fait un grand signe :
- Celui-là c’est le curé du village m’informe Franck. C’est une bonne idée de faire des reportages sur nous dans Infos. Je les ai tous depuis le numéro un.
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Franck n’est pas un cas particulier et les chauffeurs livreurs de FRANCE EXPRESS sont, dans l’ensemble très attachés à la relation avec les clients mais lui est tombé dans la marmite bleue tout petit.
Son père travaillait chez FRANCE EXPRESS Lyon, il habitait même sur place, Franck a grandi dans le bleu et depuis 18 ans, il parcourt son secteur habillé de bleu.
Il travaille et aime l’action. Chaque jour, il part à 6 heures et rentre déjeuner rapidement pour revenir ensuite en fin de journée.
- C’est moi qui le veux. J’ai fait le choix du travail et de toute façon je ne m’imagine pas rester à la maison. On m’avait proposé une tournée le matin. Et l’après-midi, je fais quoi ?
En tout cas, il a toujours des histoires à raconter à ses filles. Comme cette fois où il a livré une autruche dans le château d’un grand parfumeur. Le volatile impressionnant ne voulait pas sortir de sa caisse et il fallut attendre vingt minutes pour qu’il quitte le camion.
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- J’ai eu 50 francs de pourboire !
Il peut aussi leur raconter cette époque révolue où il livrait des ruches complètes d’où les abeilles se sauvaient pour visiter le camion ! Et le visage blême d’une secrétaire de laboratoire à qui il a livré un serpent.
En le quittant vers midi après avoir livré tous les clients, salué un grand nombre d’amis, parcouru à allures soutenues les petites routes qui serpentent autour de villages aux noms si évocateurs, Fleurie, Morgon, Brouilly, observé les vendanges dans les vignes ensoleillées, nous nous sommes dit que nous avions rencontré un sacré personnage. Un de ceux qui entretiennent l’image de FRANCE EXPRESS et qui chaque jour font la réussite de l’entreprise et de ses clients.
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Vaulx-en-Velin, 14h00
Joël Pont est à l’image de son camion, costaud ! Et il vaut mieux l’être quand les livraisons en centre ville sont difficiles. Manier un 12 tonnes dans les petites rues est un exploit au quotidien ou plutôt, chez FRANCE EXPRESS, au bi-quotidien.
Nous avons pour mission de livrer un magasin à côté de la Part-Dieu et trois enlèvements de palettes en centre ville et banlieue.
- L’après-midi, nous faisons plus d’enlèvements que de livraisons et le poids lourd est indispensable pour les nombreuses palettes que nous devons transporter aujourd’hui. Ce matin, j’étais en VL sur Vénissieux. Je suis un chauffeur relais et je n’ai pas de secteur attribué, j’interviens suivant les besoins. Cette souplesse est indispensable pour être adapté aux besoins de nos clients.
Joël est chez FRANCE EXPRESS, lui aussi, depuis 18 ans. Il a fait tous les secteurs, toutes les tournées et dans toutes sortes de véhicules. Son expérience et sa disponibilité font de lui un homme complet à l’écoute des clients.
La circulation lyonnaise est dense et les nombreux travaux n’arrangent rien. Le chantier du tramway occasionne des bouchons et des déviations.
- La ville en poids lourds, c’est souvent une galère mais comment faire autrement quand on à dix palettes ! En plus dans les nouveaux quartiers, les architectes font de beaux immeubles, mais ils ne pensent pas à nous. Pas de place pour se garer, pas de monte-charges. On devrait les obliger à livrer pour voir !
Joël aime son métier et les contacts avec les clients, mais on sent un peu d’agacement par rapport aux conditions de travail en centre ville.
Nous traversons toute la ville pour aller enlever
trois palettes dans une imprimerie.
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Nous essayons de passer au milieu des semi remorques qui sont à
quai. Il y a la queue pour charger et cela paraît impossible. Le réceptionnaire, nous dit qu’il s’occupe des trois ou quatre semi avant nous. Joël décide d’aller à la seconde adresse et de revenir en fin d’après-midi.
- C’est impossible d’attendre, ça peut durer deux heures. Autant revenir plus tard.
Nous plongeons dans le cœur de la capitale des Gaules et la circulation nous laisse le temps de bavarder. Nous sommes loin du rythme de Grand Prix de Formule 1 du matin, ici c’est plutôt la course d’endurance pour ne pas dire la course de lenteur.
- On va aller directement à la Sécu car après je ne suis pas sûr qu’il ne soit pas fermé.
Entre travaux et trafic des cars de la gare, Joël tente une manœuvre pour entrer dans l’immeuble de la Sécurité Sociale du Rhône. Les
klaxons manifestent la joie de nous voir bloquer la rue sous le regard inintéressé de la police. Après
plusieurs tentatives, il faut se rendre à l’évidence, le client a demandé un poids lourd sans imaginer qu’il fallait la place pour manœuvrer. Au téléphone, Joël n’obtient personne qui soit au courrant, il est 15h40, sans doute un peu tard !
Calme et philosophe, notre chauffeur livreur qui en a vu d’autres, prend la direction d’un magasin que nous devons livrer impérativement pour son ouverture demain.
Placé sur une grande avenue large à souhait, nous repérons le magasin. Une savante manœuvre plus tard, Joël descend les palettes grâce au hayon. Hélas, le responsable refuse la livraison et indique qu’il nous faut utiliser l’entrée par l’arrière. Bien sûr, c’est une petite rue encombrée des véhicules des entreprises qui terminent les travaux avant l’ouverture. Après de longues manœuvres et quelques mots d’oiseaux des automobilistes pris au piège, Joël peut enfin livrer son client.
- Ouf ! en voilà une de faite ! Vous voyez que la livraison dans une grande ville est une galère. Et encore nous ne sommes pas dans une zone piétonne sinon il faut se garer loin et tirer les palettes dans la rue si on arrive après dix heures. Heureusement qu’on est organisé car faire le deux fois par jour cela n’est pas à la portée de tout le monde, d’ailleurs on est les seuls à le faire.
Nous sentons une certaine fierté dans ses mots. Celle de faire mieux que les confrères pour satisfaire totalement les clients.
En roulant, il me raconte qu’il est disponible pour toutes les missions et que chaque jour il reçoit des appels pour faire des enlèvements supplémentaires demandés au dernier moment par les clients.
- Chez certains gros clients, on passe plusieurs fois par jour. Ça leur permet de dégager leurs quais quand ils sont petits. On passe 3 ou 4 fois avec des PL ou des VL et une dernière fois suivant les marchandises.

Les rapports avec les entreprises sont différents en ville et certaines ne prennent pas en compte les difficultés.
- Je suis toujours prêt à m’adapter et à rendre service, même si cela va au-delà de la prestation. C’est vrai que de démonter des palettes pour livrer en étage ou dans des lieux inaccessibles on le fait mais y a des limites quand même! Certains voudraient même que je range leurs garages pour faire de la place ! Une fois dans un immeuble de bureaux ultra-moderne, j’ai défait les 3 palettes d’ordinateurs pour rendre service et les monter dans les étages. À ce moment, le responsable a refusé de signer le bon de livraison m’interdisant de repartir tant qu’il n’aurait pas tout déballé et vérifié chaque carton ! J’ai failli péter les plombs.
Après avoir enlevé 4 palettes chez un routeur, nous avons refait le chemin vers notre imprimeur embouteillé de semi remorques. Une belle promenade au milieu des travaux pour rien. Le réceptionniste,

toujours aimable, n’est pas au courant et n’a aucune envie de chercher. La meilleure organisation ne peut rien contre la mauvaise volonté.
Sur le chemin du retour, nous évoquons des souvenirs et l’histoire de son collègue Franck avec l’autruche le fait bien rire.
- Moi ce n’est pas une histoire d’animal vivant, au contraire. Un jour, j’avais un petit colis pour un laboratoire vétérinaire. Toute la matinée, je me suis demandé ce qui pouvait bien sentir aussi mauvais. En livrant, j’ai compris en regardant le visage de la réceptionniste du labo. C’était une panse de bovin destinée à être analysée. On en voit des choses.
Ainsi est la vie des chauffeurs livreurs de FRANCE EXPRESS. Un travail qu’ils veulent faire de la meilleure façon possible, une véritable disponibilité et un sens des relations commerciales. Des moments difficiles et des plaisirs aussi, ils ont tellement de belles histoires à raconter en faisant ce métier dont ils sont fiers.





















